Roger Zelazny's Prolog
to Trump of Doom
La V.O.
Une traduction de Ju

La première traversée du Logrus par Merlin.
Prologue de l'édition limitée à 500 exemplaire de 'Trump of Doom'.
Réédité dans l'Amberzine #4.

He started out walking, into the dim labyrinth. There seemed to be a faint tune in the air...
It was almost too easy. A turning, a twisting, a doubling back...
And then he faced a rough, slanted wall, looked up and saw the shaft. He commenced climbing.
It was no longer easy. A swaying sensation began-faint, then distinct-as if he were mounting into the uppermost branches of a tall tree. His way brightened and then dimmed, repeatedly, in no perceptible pattern. After a time, his eyes ached. Images doubled, wavered...
When the way grew suddenly level he doubted his vision, till his extended hand assured him that there was indeed a choice of passages.
He leaned and moved his head into each of these. The faint musical sound seemed slightly louder in the one to the left, and he followed it. Of that, at least, he was certain.
Now his way rose and fell. He climbed up, he climbed down. The brightening and dimming continued, only now the brightness was brighter and the dimness dimmer.
And the sensations of external movement had not abated. The floor of the tunnel seemed to ripple beneath his feet, the walls and roof to contract and expand. He stumbled, caught himself. Stumbled again...
At the next turning the sounds grew slightly louder, and he realized that they were not a tune, but rather a totally random concatenation of noises.
He climbed. He descended. The passageway shrank, and finally he crawled.
The sensations of movement increased. At times he seemed to be spinning; other times, it felt as if he were falling into an enormous abyss.
The flashes of light now drove nails of pain into his skull. He began to hallucinate. Faces and figures. Flames. Or were they hallucinations?
He felt the first faint pulsation upon his left wrist...
How long had he been moving? His clothes were already in tatters and he bled, painlessly, from a dozen scrapes and lacerations.
He descended a well and emerged somehow upward onto a floor. Mad laughter rang about him, ceasing only when he realized it to be his own.
The sounds grew even louder, until it felt as if he negotiated a gallery of demonic bells-wild, out of phage, their vibrations beating against him.
Thinking became painful. He knew that he must not stop, that he must not turn back, that he must not take any of the lesser turnings where the sounds came softer. Any of these courses would prove fatal. He reduced this to one imperative: Continue.
Again, a pulsing at his wrist, and a faint, slow movement...
He gritted his teeth when he saw that he must climb once more, for her limbs had grown heavy. Each movement seemed as if it were performed underwater-slowly, requiring more than normal effort.
A screen of smoke offered frightening resistance. He drove himself against it for an age before he passed through and felt his movements become easy once again. Six times this occurred, and each time the pressure against him was greater.
When he crawled out, drooling and dripping blood, on the other side of the chamber from which he had entered, his eyes darted wildly and could not fix upon the small, dark figure which stood before him.
"You are a fool," it told him.
It took some time for the words to register, and when they did he lacked the strength with which to reply.
"A lucky fool," it went on, darkness flowing about it like wings. (Or were they really wings?) "I had not judged you ready to essay the Logrus for a long while yet."
He closed his eyes against this speaker, and an image of the route he had followed danced within his mind's seeing, like a bright, torn web folding in a breeze.
"...And a fool not to have borne a blade and so enchanted it... or a mirror, a chalice, or a wand to brace your magic. No, all I see is a piece of rope. You should have waited, for more instruction, for greater strength. VVhat say you?"
He raised himself from the floor, and a mad light danced within his eyes.
"It was time," he said. "I was ready."
"And a cord! What a half-ass-Uck!"
The cord, glowing now, tightened about his throat.
When the other released it, the dark one coughed and nodded.
"Perhaps-you knew-what you were doing-on that count..." it muttered. "Is it really time? You will be leaving?"
"Yes.
A dark cloak fell upon his shoulders. He heard the splash of water within a flask.
"Here.
As he drank, the cord wrapped itself about his wrist and vanished.
"Thanks, Uncle." he said, after several swallows.
The dark figure shook its head.
"Impulsive," it said. "Just like your father."
 
© l986 by the Amber Corporation
 
 
Une traduction disponible au format word dans La cage aux trolls, par Ju... Prologue aux Atouts de la Vengeance

Il commença à avancer dans le sombre labyrinthe. Il semblait y avoir un air de musique très faible dans l’air...
C’était presque trop facile. Un coude, un zigzag, un crochet...
Puis il fit face à un mur incline et rugueux. Il regarda en l’air et vit un passage. Il entreprit son ascension. Ce n’était plus aussi facile. Une sensation de vertige le saisit, faible mais perceptible, comme s’il grimpait dans les plus hautes branches d’un arbre immense. Le chemin oscillait entre une lumière vive et obscurité sans visible cohérence. Au bout de quelques temps, ses yeux devinrent douloureux. Tout semblait se dédoubler et vaciller.
Lorsque le chemin redevint plat, il douta de sa vision jusqu'à ce que sa main tendue lui assure qu’il faisait face à un croisement de plusieurs tunnels. Il passa la tête et inspecta chacun. La légère musique semblait provenir du passage de gauche. Il le suivit. De cela au moins il était sûr.
Maintenant le chemin s’élevait et s’abaissait. Il grimpait et descendait. Clarté et obscurité continuaient à s‘enchaîner mais la lumière était plus éclatante et l’obscurité plus profonde. Les sensations de mouvement n’avaient pas faiblies. Le sol du tunnel semblait onduler sous ses pieds, les murs et le plafond se contracter et s’étirer. Il trébucha, se rattrapa, trébucha à nouveau.
Au coude suivant, le son augmenta légèrement, il se rendit alors compte que ce n’était pas une mélodie mais plutôt une cacophonie monstrueuse.
Il grimpait et descendait. Le passage se rétrécissait et il fut finalement oblige de se mettre à ramper. Les sensations de mouvement s’amplifièrent. Quelques fois il lui semblait tourner sur lui-même, a d’autres moments il lui semblait tomber dans un abysse immense.
Les flashs lumineux lui faisait l’effet d’aiguille qu’on lui plantait dans le crane. Il commençait à halluciner. Visages et silhouettes. Des flammes. Était-ce vraiment des hallucinations ?
Il sentit alors une première pulsation, légère, au niveau de son poignet gauche.
Depuis combien de temps marchait-il ? Ses vêtements étaient déjà en lambeaux et il saignait, sans douleur, d’une douzaine d’égratignures et lacérations.
Il descendit un puits et se retrouva sur le plafond d’une salle, plafond qui se révélait être le sol de cette dite-salle. Un rire de dément retenti alors et il ne s’arrêta que lorsqu’il prit conscience qu’il en était l’auteur. Les sons augmentaient, de plus en plus fort, comme s’il traversait une galerie de son démoniaque, sauvage, leurs vibrations dirigeas contre lui.
Penser commençait à devenir douloureux. Il savait qu’il ne devait pas s’arrêter ni faire demi-tour, qu’il ne devait prendre aucun de ces passages secondaires ou les sons étaient plus faibles. Chacun de ces chemins pouvait se révéler fatal. Il se fixa un unique impératif : aller de l’avant.
De nouveau, une pulsation a son poignet ainsi qu’un très léger mouvement...
Il serra les dents lorsqu’il vit qu’il devait de nouveau grimper, ses membres étant déjà lourds. Chaque mouvement semblait être exécuté sous l’eau, lent et demandant plus d’efforts que nécessaire.
Un écran de fumée lui opposait une résistance effrayante. Il lutta contre lui pendant un temps infini avant qu’il ne réussisse à le franchir et sentir ses mouvements redevenir aisés une fois de plus. Cela se produisit 6 fois et a chaque fois la résistance était plus grande.
Alors qu’il traversait la salle en rampant, bavant et ruisselant de sang, ses yeux étaient fixes sur la petite et noire silhouette de l’autre cote.
« Tu es un imbécile » lui dit la silhouette.
Cela lui prit un peu de temps avant de comprendre les paroles prononcées, mais il n’avait plus la force de répondre.
« Un imbécile chanceux » continua la silhouette. L’obscurité se déployant comme 2 ailes (Ou étaient-ce vraiment des ailes ?) »je ne te jugeai pas assez fort pour traverser le Logrus avant un bout de temps »
Il ferma les yeux pour ne plus voir son interlocuteur et entrevit une image de la route qu’il avait parcourue dans son esprit, comme une toile lumineuse et déchirée sous l’effet de la brise.
«  Et un imbécile pour ne pas avoir apporte une épée et ne pas l’avoir enchanté.. Ou un miroir, un calice ou une baguette pour renforcer ta magie. Non tout ce que je vois c’est un bout de corde. Tu aurais du attendre une formation plus complète, une force plus grande. Qu’en penses-tu ? »
Il se releva, une lueur de folie dans les yeux.
« Le moment était venu »dit-il « j’étais prêt »
« Et un bout de corde ! Quel idiot---Uck ! »
La corde, brillant maintenant, s’enroulait autour de sa gorge.
Quand il lui ordonna de lâcher prise, l’ombre toussa et fit un mouvement de tête.
« Peut-être... que tu savais... ce que tu faisais... après tout... » murmura-t-il « C’est vraiment le moment ? Tu veux partir ? »
« Oui »
Un manteau sombre tomba sur ses épaules. Il entendit le bruit d’une bouteille qu’on débouchait.
« Ici »
Alors qu'il boit, la corde vient s'enrouler autour de son poignet et disparaît.
"Merci, mon oncle." Dit-il, après plusieurs gorgés.
La sombre silhouette hoche de la tête.
"Impulsif," répond-il. "Comme ton père."